
La chargeuse-pelleteuse, plus communément appelée tractopelle, a toujours fait partie des machines phares dans le secteur des travaux publics. Créée à la fin du XIX ème siècle, elle a connu un réel essor dans les années 1960 lorsque les constructeurs ont adapté ses points forts, que sont sa pelle rétro à l’arrière et son chargeur à l’avant, à un tracteur. En plus d’être polyvalente, elle est devenue un engin robuste et durable. Au début de cette même décennie, Case et JCB ont révolutionné le marché avec leurs modèles respectifs : Case 580 et JCB 3. La nouveauté de ces deux modèles résidait dans le châssis intégral qui devenait indépendant des autres équipements. Si des améliorations techniques ont été apportées depuis, l’architecture et les fonctionnalités de cet équipement n’ont pas vraiment changé. Son succès en France et sur les continents européen et nord-américain s’explique par ses qualités uniques en termes de polyvalence qui existaient bien avant l’arrivée des pelles mécaniques hydrauliques et des chargeuses sur pneus.
Une brève étude des ventes de tractopelles sur le marché français montre que les années 2000 et 2001 ont marqué son apogée avec 4 288 et 3 660 unités vendues respectivement sur ces deux années, tandis que les années 2005 et 2006 se sont avérées les moins productives avec une vente de 2 600 et 2 480 unités respectivement. Toutefois, le nombre des ventes reste relativement stable en comparaison avec d’autres types d’équipements, tels que les nacelles ou les pelles compactes, qui connaissent aussi bien des années de plein essor que des années creuses.
Le succès de la tractopelle réside dans sa grande polyvalence. Les propriétaires utilisent la pelle et le chargeur pour mener à bien leurs travaux quotidiens. Les utilisateurs sont principalement des artisans, des PME ou des collectivités locales. Si la croissance des chantiers urbains dont les accès sont plus restreints lui ont porté préjudice au profit des pelles compactes et des mini pelles sur pneus, la tractopelle reste un équipement très prisé dans le secteur de la construction et TP. Cela reste l’une des rares machines à pouvoir se déplacer de chantier en chantier sans avoir besoin d’un porte-char ou d’une remorque. Le prix de la chargeuse-pelleteuse contribue également à l’attractivité de l’engin. Peu de machines si performantes et puissantes sont si bon marche. L’ensemble de ces avantages ont donc participé au succès et à la stabilité des ventes de ce type d’engins, même si le tractopelle n’a pas échappé à la crise qui s’est abattue sur le secteur de la construction et des travaux publics de mi 2008 à la fin de 2009. Si l’engin a quand même mieux résisté que d’autres familles d’équipements, les chiffres du Seimat ont révélé la vente de 620 unités pour les 8 premiers mois de 2009 contre 1 370 unités sur cette même période l’année précédente.
En ce qui concerne la composition de la tractopelle, plusieurs éléments participent clairement aux performances de l’engin, sa disponibilité, son confort et sa sécurité. Ainsi, il est essentiel de mentionner qu’à l’heure actuelle une tractopelle dispose de moteurs atmosphériques ou turbo (configurations obligatoires : pour l’Europe EN étape III phase A ou Tier 3 pour le continent nord-américain), de transmissions mécaniques (powershift) automatiques, d’une transmission et direction 4x4x4, de circuits hydrauliques à débit variable, de circuits load sensing, d’une pelle à balancier télescopique, d’un déplacement hydraulique de la pelle, d’une attache rapide mécanique ou hydraulique sur le chargeur et sur la pelle, d’un siège suspendu à réglages multiples, et aussi entre autre d’une très bonne climatisation.
Toutes ces caractéristiques en font un équipement polyvalent, la tractopelle pouvant à la fois servir pour les travaux de terrassement que pour le port de divers outils.
Pour finir, il est essentiel de noter que le marché français est extrêmement concurrentiel. Sept principaux constructeurs de tractopelles assurent la majorité des ventes : JCB, New Holland, Case, Caterpillar, Komatsu, Terex et Volvo. Deux autres fabricants ont également su s’imposer ces dernières années : Kubota et Hydrema. Ces deux marques se distinguent en fabriquant des engins plus compacts, plus puissants et plus performants que la moyenne. Enfin, trois marques proposent des matériels avec des fonctionnalités différentes par rapport à une tractopelle classique : Haulotte, Manitou et Mecalac.
En France, JCB détient la plus grande part de marché : 38 %, un succès qui s’explique notamment par son modèle phare jcb 3cx qui est également la tractopelle la plus vendue dans le monde ; suivi par le groupe Case/New Holland avec une part de marché de 24 %. La tractopelle JCB 3CX est dorénavant fabriquée en tant que JCB 3CX Eco, ce qui lui assure un succès encore plus important auprès des entreprises de construction.